Septentrion

Septentrion

I’m the king of the world !!!
Publié par Shyma.X le 27 janvier 2010

Human est décidément un éditeur qui restera incompris. Précurseur de nombreuses modes, celui-ci n’a jamais eu le succès qu’il méritait, vu que les gens ne s’intéressent qu’au côté technique d’un jeu. Ils ont bien tort...

 Un peu d’histoire.

Contrairement à ce que pourrait penser la masse populaire, Septentrion n’est absolument pas basé sur la tragédie du Titanic. D’ailleurs, aussi célèbre que soit le naufrage de ce dernier, ce ne fut même pas la plus grande catastrophe maritime de l’histoire. Le meilleur exemple étant l’Empress of Ireland, paquebot de croisière qui sombra la nuit du 29 mai 1914 dans les eaux du fleuve St Laurent, emportant avec lui 1012 passagers en seulement 15 minutes. Ce naufrage n’a pas eu le même écho que celui du Titanic, car cette catastrophe fut éclipsée par le début de la première guerre mondiale...
En réalité, le scénario de Septentrion s’inspire grandement ( pour ne pas dire « se calque » ) sur le roman de Paul R. Gallico « L’aventure du Poséidon » qui fut lui même adapté au cinéma en 1972 dans un film éponyme et dont un remake a récemment été réalisé par Wolfgang Petersen, le réalisateur de Troie.

 Waterproof ? Pas vraiment...

Dans ce jeu, vous avez la possibilité d’incarner quatre personnages différents. Ceux-ci ayant chacun leur propre histoire. Mais cette catastrophe leur donnera un but commun : Survivre.

13 septembre 1921 - 23h11, le paquebot Lady Crithania navigue sur un océan déchaînée, quand soudain, une gigantesque lame de fond surgissant de nulle part, frappe le bateau à tribord et le renverse.
Dès cet instant, nos quatre protagonistes n’ont plus que 60 minutes pour sortir avant que le paquebot ne sombre, les enfermant à jamais dans un immense cercueil aquatique. Le seul moyen pour eux d’accéder à la liberté est d’atteindre la salle des machines, là où la coque est la moins épaisse et, par conséquent, là où les sauveteurs auront le plus de facilité à les y extraire. Très simple dans la théorie, beaucoup moins dans la pratique, et ce, pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, si à l’endroit les portes sont toutes accessibles, à l’envers ce n’est généralement pas le cas. Cela se voit surtout dans les grandes salles ou la hauteur des plafonds n’est pas la même que dans les couloirs. Ensuite, dans ce genre de bâtiment, les salles ne sont pas toutes libres d’accès aux passagers lambda et vous vous retrouverez souvent face à une porte verrouillée. Dans le retournement du paquebot, certains objets peuvent s’être accumulés contre des portes, bloquant ainsi celles-ci. N’oublions pas non plus que l’accident a causé des dégâts, détruisant partiellement ou complètement certains passages, quand ce n’est pas le feu qui devient un mur infranchissable. Enfin, un bateau bouge continuellement, surtout si celui-ci coule. La plus part passages ne seront donc accessibles qu’à partir d’une certaine inclinaison du paquebot.
Tous ces paramètres additionnés, vous comprendrez qu’une ligne directe vers la sortie est improbable. Á vous de bien observer l’intérieur du vaisseau pour trouver le meilleur chemin, tout en vous synchronisant avec les gites de celui-ci.

 Un Prince of Persia qui prend l’eau.

La première chose que l’on remarque dès que l’on commence à jouer est que le gameplay du jeu est très proche de Prince of Persia, notamment au niveau des sauts millimétrés ainsi que le côté plates-formes auxquels on peut s’accrocher, monter et descendre. Dans les passages les plus délicats, vous devrez prendre votre temps pour éviter la moindre erreur qui sera fatal à vous ou à vos compagnons de fortune.
Et oui, car vous n’êtes pas le seul survivant à bord. D’une part, certains protagonistes ont de la famille (une sœur pour l’un, une femme pour l’autre) qu’il faudra aller chercher, car évidemment, elles ont également survécues. En cours de route, vous rencontrerez d’autres survivants qui, selon leur état d’esprit, vous suivront les yeux fermés, vous rejoindront après une longue conversation ou resteront sur place, persuadés qu’ils vont mourir et que, de toute façon, cela ne sert à rien de chercher une issue. Certains ne vous suivront qu’à certaines conditions, ce qui donne lieu à des « missions subsidiaires »...
Dès que vous serez en troupe, il faut d’abord s’assurer que le chemin que vous allez emprunter est sûr. C’est donc tout naturellement à vous qu’incombe la lourde tâche de jouer les éclaireurs pour éviter au groupe de foncer tête baissée vers la mort tel un troupeau de lemmings. Une fois assuré que la voie est praticable, une simple pression sur le bouton L ou R vous permettra d’appeler vos congénères. Faites-le assez souvent pour que ceux-ci ne perdent pas votre trace. Nous arrivons là au premier bémol du jeu : l’I.A. de vos compatriotes frôle de néant absolu. Il vous arrivera très souvent de faire marche arrière car, ne voyant pas vos compagnons arriver, vous vous apercevrez que ceux-ci se sont bêtement coincés tout seuls aux endroits les plus incongrus. Et encore, je ne vous parle même pas des passages sensibles constitués de sauts millimétrés de plates-formes en plates-formes où il y en a bien un, si ce n’est tous, qui finira une dizaine de mètres plus bas. La dernière scène du jeu, dans la salle des machines, se basant uniquement sur des sauts millimétrés, je ne vous cache pas que finir le jeu avec au moins un survivant à vos côtés relève véritablement de l’exploit.

 Danse avec les poissons.

Comme je vous l’ai spécifié au début de ce test, vous avez une heure pour sortir du paquebot qui coule impassiblement. Le moindre faux pas ne vous mènera pas au Game Over, mais vous aurez 5 minutes de pénalité. Il y a trois façons d’être pénalisé. La première étant de faire une chute, la seconde en étant au contact du feu et la troisième en se prenant de plein fouet un des objets qui tombent dès que le navire s’incline en provoquant de grosses vibrations.
Á la moitié du temps imparti, une explosion accélèrera la submersion du navire qui commencera alors à se remplir d’eau dans les salles où vous pouvez passer. Cela peut être un avantage comme un inconvénient, car le fait de nager vous permet d’accéder à des endroits que vous ne pouviez pas atteindre auparavant. Mais l’infiltration indique qu’il ne vous reste plus beaucoup de temps pour sortir de cette prison.

 Prenez l’avion, c’est moins dangereux...

On pourrait avoir de gros doute sur la durée de vie du jeu. En effet, si l’on ne dispose que de 60 minutes pour réussir, on se dit que ça s’arrêtera là. Pas du tout car, d’une part, il n’est pas garanti que vous trouviez la sortie du premier coup. Ensuite, bien que le fait d’avoir le choix entre quatre personnage ne change guère le déroulement du jeu, recommencer une nouvelle partie fait toujours plaisir, ce genre de jeu étant assez rare, mieux vaut en profiter. Enfin, pour ceux qui ont soif de challenge, il y a toujours la possibilité d’essayer de finir le jeu avec un maximum de survivant, ce qui est loin d’être facile.

En un mot comme en cent, je ne saurai que trop vous conseiller ce jeu qui reste unique dans les anales de l’histoire vidéo ludique. Au jour d’aujourd’hui, personne n’a essayé de retenter l’expérience, sauf Human qui nous gratifia d’une suite nommée Septentrion « Out of the Blue », sortit en 2000 sur Playstation et entièrement en 3D. Malheureusement, celui-ci non plus n’a pas fait grand bruit et le trouver dans le commerce est pour le moins une mission impossible.

NOTE : Les images présentes dans ce test sont tirées de la version américaine du jeu, nommée S.O.S.


Graphisme :
05
Jouabilité :
09
Intérêt :
07
Bande son :
07
Durée de vie :
07

Note finale :
08

Septentrion

Editeur: Human Entertainment
Développeur: Human Entertainment
Genre: Aventure
Machine: Super Nintendo
Version: Américaine